Le Crocodile ou la Guerre du bien et du mal

 

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« Le Crocodile ou la Guerre du bien et du mal arrivée sous le règne de Louis XV, poème épico-magique en 102 chants, dans lequel il y a de longs voyages, sans accidents qui soient mortels ; un peu d’amour sans aucune de ses fureurs ; de grandes batailles, sans une goutte de sang répandue ; quelques instructions sans le bonnet de docteur ; et qui, parce qu’il renferme de la prose et des vers, pourrait bien en effet, n’être ni en vers, ni en prose. »

Imprimerie du Cercle social, an VII de la République Française [1799], in 8°, 460 p.

Présentation de l’ouvrage par J.-B.-M. Gence

Cette œuvre occupe une place à part dans l’œuvre de Saint-Martin. Il s’agit d’un roman « épico-magique » où se mêlent le fantastique, l’occulte, la satire et des éléments de la biographie de l’auteur. L’action se passe pendant la Révolution, et ses personnages comme Sédir, Ourdec, Mme Jof, Eléazar, le Crocodile ou la Société des Indépendants, sont en relation avec les principes de la doctrine martiniste. Cette allégorie facétieuse est censé être l’ouvrage d’un petit cousin de Mme Jof (la Foi), tracé par un psychographe dans le cabinet de Sédir (le Désir). Saint-Martin ne publiera ce roman qu’en 1799, avec la mention : « œuvre posthume d’un amateur de choses cachées ». Il y insérera le texte qu’il avait préparé pour l’Institut : Essai sur les signes et sur les idées.

Gence, Notice biographique sur Louis-Claude de Saint-Martin, 1824.

Ce poème « épico-magique », en 102 chants, publié en 1799, le Philosophe Inconnu voulut singulièrement, en modifiant exceptionnellement pour l’occasion son « pseudonyme », l’attribuer à celui qu’il désignera comme étant un « amateur de choses cachées », disant de cet amateur mystérieux qu’il était l’auteur d’un texte « à clé » qui expose sous le voile de l’allégorie des vérités très hautes….et force est de constater que tel est bien le cas.