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Nous venons d’assister à un événement singulier. En effet, pour la première fois dans les sujets qui nous occupent, on assiste à la critique d’un ouvrage avant même sa sortie. La pratique est courante dans le milieu littéraire où les vanités blessées et les orgueils surdimensionnés sont légions, dans celui de l’ésotérisme le fait est extrêmement rare, pour ne pas dire inconnu.

Celui qui est à l’origine de cette initiative assez ridicule n’est lui pourtant pas un inconnu. Nous avions dans un précédent billet : « Néo-coën, ne te moque pas du Crocodile avant d’avoir atteint l’autre rive ! » noté et mis en lumière le caractère plus que problématique du personnage.

L’olibrius en question  s’agite depuis son apparition sur internet et les réseaux comme un beau diable en tant que « martinésiste chrétien », en rompant d’ailleurs tous les vœux de discrétion et de silence des Serments coëns, mais  restant muet comme la tombe à propos de ses transmissions dont on attend toujours qu’il nous fournisse les précisions demandées.

Le voilà en revanche beaucoup plus loquace pour parler d’un livre à paraître « La doctrine de la réintégration des êtres » de Jean-Marc Vivenza, dont personne ne connaît le contenu, afin de le désigner comme relevant de « vues personnelles » (sic), participant d’une « analyse non objective et partisane » (re-sic) , « enfermée dans un courant de pensée particulier » (re-re-sic), allant jusqu’à souligner « l’aspect limité de l’étude et la rigidité dogmatique de l’approche de son auteur » (re-re-re-sic) !

Et pour faire bonne mesure en conclusion, relevant d’un « penchant hégémonique, relayé par une forme de propagande, enfermant l’esprit des frères dans un mode de pensée unique et dogmatique bien éloigné par nature de l’approche initiatique. » (re-re-re-re-sic) !

Rien que ça !

Outre que le « martinésiste chrétien » semble être un parent de Madame Irma de par ses dons discutables d’extralucide,  il y a tout de même de quoi rigoler à voir celui qui n’hésite pas à tordre le cou à la pensée de Martinès, en de multiples domaines, qui est complètement passé à côté de la logique interne de la doctrine, n’ayant pas vu le caractère nécessaire de la Création, et allant jusqu’à soutenir une « résurrection de la chair » chez Pasqually, se lancer dans la critique d’analyses qu’il méconnaît.

Sa petite musique est de tenter de ramener Martinès au dogmatisme de l’Eglise. Pour ça tous les travestissements et les acrobaties sont permis, ce qui frise souvent le ridicule et prête à sourire. On a fini pas s’y habituer et aujourd’hui ses billets en forme de hoquets successifs ne suscitent que l’ironie et la plaisanterie.

Mais là, l’acrobate martinésiste chrétien, qui a raté une grande carrière de contorsionniste chez Pinder et autres cirques, s’est surpassé !

Comment peut-il savoir, sans avoir le livre en mains, si l’intention de Jean-Marc Vivenza est de « réduire et vouloir restreindre les sources d’inspiration de Martines aux seuls courants de pensée origénistes et augustinens » ? Mystère !

Alors pourquoi une telle mauvaise foi rageuse ?

L’explication est fort simple.Dans la présentation de son ouvrage Vivenza a écrit :  « Pour appréhender véritablement les enjeux de cette réflexion doctrinale importante s’il en est, il convient de clarifier deux points principaux relatifs à la sensibilité en effet « origéniste » qui fut partagée par Martinès de Pasqually (+ 1774), Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803) et Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), de sorte que nous puissions comprendre en quoi l’adhésion à leur doctrine représente, non une option du point de vue initiatique lorsqu’on est membre de ses voies, mais relève d’un enseignement spirituel auquel il est nécessaire d’adhérer, faute de quoi on se met soi-même en dehors des critères d’appartenance des Ordres dont le rôle est de préserver les éléments doctrinaux établis par leurs fondateurs. »

La crainte d’être sérieusement pris en défaut sur les thèses mêmes de ceux qui furent les représentants de la doctrine de la réintégration, et de se voir placé soi-même en dehors du champ d’appartenance aux Ordres qui en découlent, provoque donc une réaction irrationnelle chez le martinésiste chrétien.

Et cette terreur est palpable à lire la suite de la pitoyable analyse apriorique : « si nous suivons la règle érigée par l’auteur de cet ouvrage, tout homme qui n’adhèrerait pas à la doctrine présentée dans l’ouvrage, c’est à dire vue au travers du prisme de cette analyse personnelle et partisane de l’œuvre de Martinès et de Willermoz, se mettrait en marge des Ordres qui se revendiquent de souche martinésienne. »

Les choses sont claires, effrayé d’apparaître comme n’adhérant pas à la doctrine, non pas exposée « selon un prisme personnel et partisan », mais objectivement rappelée par Vivenza selon les sources, les fondements et les principes des fondateurs, le martinésiste chrétien tente vainement d’ouvrir des parachutes pour éviter de s’écraser sur le sol des évidences et de se voir écarter automatiquement des domaines où il essaye péniblement d’exercer une autorité !

Peine perdue. Jugeant et rejetant avant même d’avoir lu le livre de Vivenza, car sachant l’étendue de ses falsifications, l’importance de ses travestissements, le caractère évident de ses manipulations, le martinésiste chrétien s’agite pour prévenir que tout ce qu’on va lire n’est pas vrai.

Il essaye donc de nous faire croire que :

– Non jamais il n’a voulu plier Martinès aux dogmes de l’Eglise.

– Ce n’est pas lui qui trafique la pensée de Martinès pour la faire rentrer dans le cadre d’une ecclésiologie étroite.

– Il n’a non plus à aucun moment, caché, tordu, arrangé à sa sauce Martinès pour en faire un trinitaire, un partisan de la résurrection de la chair….et demain pourquoi pas un parfait chrétien confessant à la lettre le Credo de Nicée-Constantinople !

La manœuvre est grossière, trop sans doute pour abuser le plus grand nombre. Mais l’intention partisane et la perfidie surgissent vite sous la plume du néo-coën qui écrit furieux : « exiger de frères qu’ils prennent une distance d’avec les enseignements de l’Eglise afin de pouvoir adhérer à la doctrine martinésienne – alors même que Willermoz et d’Hauterive n’eurent de cesse que de vouloir concilier les deux enseignements – est un contresens, pour ne pas dire une contre-vérité, non seulement historique mais initiatique. »

On sent bien le problème.

Refusant d’admettre que dans le christianisme de Martinès, Saint-Martin ou Willermoz, ce que souligne clairement Vivenza, à la suite précisément des maîtres qui le dirent eux-mêmes, en expliquant où se trouvent les différences et quels sont les points délicats, des positions heurtent de plein fouet les dogmes de l’Eglise, en particulier sur l’origine immatérielle d’Adam, l’incorporisation charnelle comme conséquence de la Chute, le caractère nécessaire de la Création, la disparition de la matière, etc., le néo-coën voit le piège qu’il a lui-même ouvert se refermer bientôt sur lui !

Face à sa position dogmatique et ecclésiale intenable, contredisant la pensée de Martinès, Saint-Martin ou Willermoz, le néo-coën est sans échappatoire, il est pris, cerné, coincé !

Comme l’écrit justement Vivenza il faut être cohérent :

« Soit on tient les deux bouts de la chaîne entièrement, d’un côté ou de l’autre :

– 1°) En adhérant fidèlement à la foi de l’Eglise dans ses préalables au sujet de la Création – en regardant le monde matériel ainsi qu’un don et le corps charnel de l’homme de même -, comme dans ses conséquences, en espérant logiquement en une régénération de la chair et sa vocation à l’éternité par purification et spiritualisation définitive de son essence, simplement flétrie et affaiblie non substantiellement mais accidentellement un instant par le péché, lors de la résurrection des morts.

– 2°) Au contraire en faisant siennes les thèses de Martinès, ce que firent Willermoz et Saint-Martin, en considérant que la création matérielle a été tout d’abord une punition pour les esprits révoltés, et la chair une enveloppe ténébreuse ayant transformé substantiellement les fils d’Adam en êtres de matière impure, regardant ainsi l’anéantissement des formes corporelles lors de la réintégration comme une véritable libération et le retour à l’Unité spirituelle originelle.

Ou bien alors, fatalement en ne respectant pas la cohésion interne des doctrines, en oubliant volontairement un bout de leur chaîne conceptuelle, on tombe dans le piège de l’assemblage disparate. » Jean-Marc Vivenza, Martinès de Pasqually et la doctrine de la réintégration des êtres, 2012).

Il ne reste plus au martinésiste chrétien pour s’en sortir, pour s’extraire de l’assemblage disparate, que les armes des faibles : la calomnie, le dénigrement et le mensonge.

Mais à ce petit jeu, emprisonné entre ses contradictions et rattrapé par ses traficotages, auxquels il rajoute à présent la mauvaise foi haineuse et le jugement a priori, tout cela fait un mélange explosif qui aura toutes les chances de ne pas contribuer à faire survenir lors de ses opérations théurgiques que des entités angéliques !

Triste spectacle où conduit fatalement le grand écart schizophrénique entre une appartenance fidéiste à l’Eglise et le cheminement initiatique dans des domaines extra-ecclésiaux possédant une doctrine qui s’écarte des dogmes.

Un jour, pris au piège des évidences…..ça explose dans la tête !